Mot de l’auteur

Catherine Verlaguet« Avec ce nouveau texte, je m’intéresse à la moquerie entre enfants à l’école, premier rejet de l’autre dans sa différence. Huit ans, c’est l’âge où les enfants commencent à s’affranchir de leurs parents. Apprentissage de la quête de soi, de l’adversité, de la solitude. Comment trouver sa place ? Comment rester soi-même face au groupe ? Comment s’intégrer ?

Le thème de la cruauté à l’école m’intéresse particulièrement parce qu’il touche autant les enfants que les adultes. Si les enfants se reconnaissent directement dans cette problématique, les adultes, eux, se remémorent les blessures d’enfance, les surnoms idiots dont ils furent peut-être affublés et qui les constituent aujourd’hui encore. Injures, insultes, surnoms méprisants, mise à l’écart… dans la cour de récréation, les enfants ne prennent pas de gants, souvent cruels quand ils ont décidé de s’attaquer à l’un des leurs. Les adultes sont délibérément exclus de cette histoire.

Les « Vilains petits » : c’est une histoire entre enfants, qui jouent – comme dans « la guerre des boutons » – à reproduire ce qu’ils perçoivent du monde des adultes. Mais sans en maîtriser les codes et les limites. Ils font leurs armes, comme on dit, au dépit les uns des autres. Ce qui me bloquait au début avec cette thématique, c’était la question du manichéisme évident. Qui dit cruauté dit : « des gentils et des méchants ». Or, je me bats farouchement contre cette exposition du monde aux enfants. Lorsque j’ai rencontré mes personnages, ils m’ont guidé eux-mêmes vers cette résolution : Le vilain petit n’est pas toujours celui que l’on croit. Être « vilain », qu’est-ce que cela veut dire ? Finalement, la cruauté est subjective et trouve toujours une justification auprès de celui qui la pratique. »

Catherine Verlaguet, auteur des Vilains Petits.

Propos repris dans le dossier Les Vilains Petits par la compagnie le Bel Après-Minuit, France