Vos impressions

LA PRESSE EN PARLE

Les psychologues le savent. Il suffit d’un départ, d’une arrivée pour changer la dynamique d’un groupe. Valentin, Loan et Maya vont l’apprendre à leurs dépens. Jusqu’à ce lundi, ils avaient trouvé un modus vivendi dans la cour d’école. Maya et Valentin, retranchés derrière leur pudeur, cachaient mal leur complicité. Maya ne voulait pas être une fille. « Je suis une comme vous » répète-t-elle sans cesse à Valentin et Loan. L’harmonie relative du trio sera ébranlée par l’arrivée d’un nouveau, incarné par Catherine Daele, comédienne d’une fragile brutalité. Tête brûlée qui vient d’être renvoyée pour s’être battue, elle, ou plutôt il induit à nouveau la violence et le rapport de force dans le trio devenuquatuor. Un quatuor de comédiens, Alice Tahon, Franck Laisné, Sophie Warnant et Catherine Daele,

d’une grande justesse, tout en sobriété et ambiguïté, les garçons étant souvent interprétés par des filles sans que le spectateur puisse distinguer leur réelle identité. Nourris par le texte authentique et singulier de Catherine Verlaguet, ils laissent toute leur portée aux mots choisis. Pour enfants de 8 à 12 ans et dans une mise en scène, toujours très urbaine, de Luc Dumont, « Les vilains petits » abordent avec un réalisme troublant le harcèlement, de plus en plus courant à l’école, et l’infernale spirale de l’échec pour Malone accusé injustement en un final qui laisse, à vrai dire, peu d’espoir.

Laurence Bertels. La libre Belgique. Mercredi 19 août 2015

 

Il n’y a pas plus cruel qu’un enfant. Avec Les vilains petits (8 à 12 ans), le Zététique Théâtre en fait l’amère illustration. Maya, Valentin et Loan sont les meilleurs amis du monde jusqu’à ce que débarque Malone, petit caïd semeur de zizanie. Enveloppé et mal dans sa peau, Valentin est une cible facile. Petit à petit, les liens se distendent, d’autres, fragiles, se tissent, selon des rapports de force instables. A quoi tient une amitié dans la cour de récré, quand on est en pleine construction de soi et qu’on n’a pas encore décidé des matériaux pour maçonner sa personnalité ? La langue de Catherine Verlaguet transforme ces jeux de pouvoir en sables mouvants, avec de belles métaphores.

Finalement, le plus retors n’est pas celui qu’on croit et la mise en scène de Luc Dumont brouille encore les pistes, avec des comédiennes dans des rôles de garçons, histoire d’appuyer le fait que la violence à l’école n’est pas une histoire de petits gars, mais bien d’une cruauté inhérente à l’enfance, qu’on le veuille ou pas.

Catherine Makereel. Le Soir, 19 août 2015

LES ENSEIGNANTS EN PARLENT

« Ça fait écho à ce qu’on peut vivre en classe. »

A propos des ateliers :

« Les ateliers en lien avec le spectacle offrent un espace où exprimer des ressentis sur ces thématiques qui les touchent fort. J’ai aimé ça. »

« Pouvoir se mettre dans la peau des différents personnages et pouvoir ressentir des situations sous différents points de vue leur a permis d’approfondir les thématiques. »

« Oser s’exprimer, que ce soit oralement ou avec le mouvement, ils ont appris à « jouer », à s’exprimer différemment. »

« La principale difficulté rencontrée par les élèves était leur timidité. La plupart ont pu la dépasser au fur et à mesure des ateliers. »

LES PROGRAMMATEURS EN PARLENT

« Ce spectacle offre à chacun la possibilité de le mettre en perspective avec son propre vécu/ses propres expériences à l’école. »

« Quand on entend ce qui se passe autour du harcèlement dans les écoles, proposer quelque chose dès les primaires me semble essentiel. »